Beaucoup d’employeurs et de travailleurs l’ignorent, mais une partie des charges patronales que vous payez pour vos travailleurs fixes est, depuis 2013, consacrée à une pension complémentaire.
Le système de pension en Belgique repose sur trois piliers. Le premier pilier, la pension légale, garantit à chaque travailleur un revenu après la retraite. Le deuxième pilier est constitué des pensions complémentaires, financées par l’employeur comme avantage extralégal. Le troisième pilier, enfin, regroupe l’épargne-pension ou l’épargne à long terme volontaire du travailleur.
La pension légale est financée par l’État. L’âge légal de la pension est actuellement fixé à 66 ans, et sera porté à 67 ans en 2030. Le montant de cette pension dépend de plusieurs facteurs, tels que la carrière professionnelle et le niveau de rémunération, mais reste généralement inférieur au revenu d’activité habituel. La Belgique fait d’ailleurs partie des pays d’Europe occidentale avec les pensions légales les plus faibles. En moyenne, un travailleur belge ne conserve que 62 % de son revenu moyen professionnel pendant sa retraite.
Le bureau RH Mercer a estimé, il n'y a pas longtemps, qu’un travailleur qui souhaite maintenir son niveau de vie après sa retraite devrait idéalement avoir épargné l’équivalent d’au moins 85 fois son salaire net. Ces chiffres restent bien entendu relatifs, car nul ne sait combien d’années il lui restera après le départ à la retraite. Cela souligne néanmoins l’importance des deuxième et troisième piliers pour compenser la différence.
La pension sectorielle complémentaire instaurée dans le cadre de la Commission Paritaire 302 s’inscrit donc dans le deuxième pilier et ne concerne que les travailleurs fixes. Les extras, flexi-jobs, étudiants et intérimaires n’y ont pas droit.
Depuis le 1er janvier 2013, 0,5 % de chaque euro payé à vos travailleurs est versé dans le cadre de ce régime sectoriel de pension. Ce taux est entre-temps passé à 1,1 %. Les prestations antérieures au 1er janvier 2013 ne sont pas prises en compte. Ces cotisations sont prélevées par l’ONSS en tant que partie des charges patronales. L’affiliation au fonds et la perception des cotisations se font automatiquement, sans formalités administratives supplémentaires.
Sur ces 1,1 %, 0,88 % est effectivement affecté à la pension du travailleur. Le reste est reversé à la sécurité sociale. Les montants sont versés sur un compte de pension individuel, où ils génèrent des intérêts jusqu’au moment du paiement. En principe, ce montant est versé en une fois lorsque le travailleur atteint l’âge légal de la retraite. En cas de décès avant la retraite, le capital est versé aux ayants droit.
L’organisme de pension sectoriel est le Fonds pour le deuxième pilier des travailleurs de l’hôtellerie, dont le siège social est situé Boulevard Anspach 111 boîte 4 à 1000 Bruxelles (tél. : 02 513 61 21 – info@f2p302.be). L’engagement de pension est géré par une institution de pension, AG Insurance.
Chaque année, cette institution met à disposition de chaque travailleur concerné une fiche de pension électronique, reprenant les cotisations versées, les réserves acquises et la valeur du capital constitué à l’échéance. Tout travailleur ayant un jour constitué des droits dans le cadre de ce régime peut consulter ses montants épargnés via
mypension.be.
Toutes les informations relatives à ce plan de pension sectoriel sont disponibles sur le site
www.F2P302.be.