12 mars '25
Reprise du travail à temps partiel par un nombre croissant de malades de longue durée
dans Juridique par David Debin
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En janvier 2025, 1 travailleur sur 5 en incapacité de travail de longue durée a repris le travail à temps partiel, souvent avec des résultats durables. C'est ce que révèlent des chiffres communiqués par la mutualité chrétienne (MC). Il s'agit d'une augmentation de 45 % par rapport à janvier 2020.
La Belgique compte plus d'un demi-million de malades de longue durée. Il s'agit de travailleurs, fonctionnaires, indépendants et chômeurs en incapacité de travail reconnue depuis plus d'un an. Leur nombre augmente d'année en année : une hausse de plus de 30 % a été enregistrée au cours de ces 10 dernières années. C'est surtout le nombre de personnes atteintes de troubles mentaux qui a particulièrement augmenté. Au total, elles coûtent 9 milliards d'euros par an aux pouvoirs publics fédéraux. L'accord de gouvernement annonce donc de nombreuses mesures pour s'attaquer à ce problème.
Néanmoins, des nouvelles positives émanent parfois aussi du secteur. En janvier 2025, la MC a annoncé que, parmi ses membres, l'état de santé de près d'1 membre sur 5 malade de longue durée s'est amélioré de manière telle qu'une reprise du travail à temps partiel a été possible. Par rapport à il y a 5 ans, cela représente une hausse de 45 %. Il s'agit principalement de femmes âgées de 40 à 49 ans.
Les mêmes chiffres montrent que 9 personnes sur 10 qui travaillent à temps partiel et reçoivent également des indemnités de maladie reprennent le travail à temps plein dans les 2 ans, voire même dans les 6 mois dans 6 cas sur 10.
Le système qui permet aux travailleurs malades de longue durée de reprendre le travail à temps partiel avant de revenir à temps plein est appelé la « reprise progressive du travail ». Pour ce faire, le travailleur a toujours besoin de l'autorisation du médecin-conseil de la mutualité, mais aussi de l'employeur. Ce dernier ne doit pas nécessairement accepter la reprise progressive du travail ni les horaires proposés par le médecin-conseil. Parfois, la reprise progressive du travail implique également une adaptation du travail ou des conditions de travail, ce qui n'est pas toujours facile ou possible pour l'employeur. Selon un sondage réalisé par la MC auprès de ses membres, 27 % de ses membres malades de longue durée souhaitant reprendre le travail n'ont pas pu bénéficier des adaptations demandées.
En principe, la reprise du travail s'élève au moins à un tiers du nombre normal d'heures dans la même fonction. Dans ce cas, l'employeur ne paie le salaire que pour les jours prestés, les autres jours étant pris en charge par la mutualité. Lors d'une reprise du travail d'au maximum 20 % d'un emploi à temps plein, le travailleur conserve la totalité de son indemnité, mais plus le nombre d'heures de reprise du travail augmente, plus l'indemnité diminue. Pour un travailleur indépendant, le montant de l'indemnité diminue à partir du 7e mois.
Si le travailleur tombe à nouveau totalement en incapacité de travail pendant la reprise progressive, le travailleur reçoit alors une indemnité de maladie complète de la mutualité pendant les 20 premières semaines suivant la reprise, même s'il s'agit d'une nouvelle incapacité de travail. C'est uniquement en cas de rechute après ces 20 premières semaines que l'employeur devra à nouveau payer le salaire garanti.
« Insérer dans un planning et un flux de travail une personne qui ne peut pas immédiatement reprendre le travail à temps plein demande un effort à l'entreprise ou à l'organisation », conclut Luc Van Gorp, président de la MC. « Mais nous préconisons de s'intéresser au maximum à ce qu'une personne peut encore faire, au lieu de se focaliser sur ce qui n'est plus dans ses capacités. Le travail donne du sens à la vie de nombreuses personnes et la reprise constitue une étape importante de la guérison. Il incombe à l'ensemble de la société de faire en sorte que cela soit possible ».